La situation épidémiologique*
L'infection à VIH-sida a progressé de manière exponentielle au Cameroun au cours des vingt dernières années. En 2008, avec un taux de prévalence de 5,5% au sein de la population âgée de 15 à 49 ans [IRIN 2008], l’infection à VIH constitue un véritable problème de santé public au Cameroun. Cette pandémie se caractérise par des disparités régionales : de 1,7% dans les provinces du Nord et de l’Extrême Nord (2%), jusqu’à des niveaux beaucoup plus élevés dans la capitale Yaoundé (8,3%), à Douala (6, 4%) et dans les provinces du Nord-Ouest (8,7%) et de l’Est (8,6%).
En 2007, le nombre de personnes vivant avec le VIH était estimé à 543 294 parmi lesquels 44 800 enfants. Le mode de transmission par voie sexuelle non protégée est le plus courant mais la transmission mère-enfant reste préoccupante (environ 19%). Les jeunes âgés de 15 à 29 ans, surtout les femmes, sont les plus touchés par l’épidémie.
*Données provenant du rapport ONUSIDA/OMS 2007
La stratégie nationale
Politique
Devant l’impact sur le développement humain, social et économique, le gouvernement camerounais a placé la lutte contre le VIH-sida au premier rang des priorités nationales et l’a inscrit comme programme prioritaire dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP). L’engagement politique pour la riposte nationale est multisectoriel et caractérisé par un leadership considérable des pouvoirs publics.
Le Plan Stratégique National 2006-2010 (PSN), lancé en mars 2006, a été signé par de nombreux partenaires de la lutte contre le VIH-sida. Celui-ci a pour objectifs de réduire le nombre de nouvelles infections chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, d’amener les adultes à adopter des comportements sexuels à moindre risques et d’amener la société vers des fondements de solidarité pour soutenir les PvVIH. En 2007, le CNLS, en collaboration avec l’ONUSIDA, a élaboré un guide national de suivi et d’évaluation du PSN, 2007-2010, afin d’optimiser l’’éxécution du PSN.
La coordination du programme national est assurée au niveau central par le Secrétaire Permanent du GTC/CNLS en collaboration avec la Direction chargée de la Lutte contre la Maladie (DLM).
Chef Unité sectorielle pour les entreprises
Législations existantes
- Loi contre l’homosexualité : Code Pénal 20 Art. 347 bis : “Est punie d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs (CFA) toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe.”
- Il est établi qu’il n’existe aucune loi spécifique aux droits et devoirs des PvVIH au Cameroun. D’autres textes relatifs à l’emploi et à la protection de la dignité humaine permettent de légiférer sur ces questions. Une proposition de loi réprimant la transmission volontaire du VIH est en cours depuis six ans mais elle suscite encore de trop nombreux désaccords.
- Depuis mai 2007, les antirétroviraux de première et deuxième ligne sont gratuits.
Bailleurs de fonds
· Le Fonds Mondial est actuellement le principal bailleur. Le round 3 (2005-2009) finance 55 millions de dollars pour améliorer la prise en charge des PvVIH et augmenter le nombre de traitements. Le round 4 (2005-2009) finance 6 millions de dollars pour réduire le nombre de transmission au VIH en réduisant les comportements à risques. Le financement acquis lors du round 5 s’élève à 10 millions de dollars et permet d’améliorer la connaissance sérologique de la population.
D’autres organisations assistent financièrement et techniquement le gouvernement dans leurs domaines respectifs :
· Les agences de coopération bilatérale (GTZ, KFW, ESTHER, …)
· Les agences du système des Nations Unis (ONUSIDA, UNESCO, BIT, …)
· ONG de développement (MSF, Care, Plan, …)
Le secteur privé
Depuis l’atelier sous région organisé par le Bureau International du Travail (BIT) et l’Organisation International des Employeurs (OIE) en 2000, la prise de conscience des employeurs camerounais quant à la nécessité de développer des politiques de lutte contre le VIH sur le lieu de travail s’est accrue dans le cadre du Partenariat Public-Privé des programmes MAP de la Banque Mondiale.
CCA/SIDA (Coalition de la Communauté des Affaires contre le Sida, le Paludisme et la Tuberculose ) : créée en 2006 par les organisations professionnelles du Secteur Privé et faitières, cette coalition regroupe plusieurs entreprises et des regroupements professionnels (le GICAM, la fédération des PME/PMI, la chambre de commerce, le GEFAC, …). Son objectif est de mobiliser les PME/PMI puisque, à l’heure actuelle, bien qu’elles regroupent un grand nombre de travailleurs souvent vulnérables, elles restent, faute de moyens, les entreprises les moins engagées. La CCA/SIDA fait des plaidoyers auprès de ces entreprises et propose, entre autres, des formations de Pairs Educateurs.
Contact : Dr Dina NFON PRISO
Secrétaire permanente
GICAM (Groupement Inter patronal du Cameroun) regroupe 207 membres dont 15 associations et syndicats professionnels. Il est aujourd’hui une organisation patronale, représentative des entreprises du Cameroun, quelle que soit leur secteur, leur taille ou la nationalité de leur capital. GICAM est le fondateur de la coalition CCA / SIDA. Pour plus d’informations : www.legicam.org
Contact : gicam@legicam.org
Plate-forme de coordination Groupe d’Entreprises (PCGE) : Créée en 2004, la PCGE regroupe de nombreuses entreprises telles qu’ALUCAM, CAMRAIL, groupe CFAO, CimenCam, Brasseries du Cameroun, TOTAL, Ibis, Gras Savoye, SAC TRACTZFRIC...Elle organise régulièrement des formations en commun (Pairs Educateurs, …), des séminaires instructifs...
Président
Plusieurs entreprises prennent des initiatives. Par exemple, la cimenterie CimenCam, filiale du groupe français Lafarge dans le Nord du Cameroun, a construit un dispensaire à Figuil dans lequel sont suivis et traités gratuitement les employés et leurs familles. L’usine d’aluminium ALUCAM a mis en place un programme de lutte contre le sida, TRICAM, très performant et utilisé par d’autres entreprises. Il a permit à l’usine de mieux informer et prévenir ses employés, de prendre en charge des employés séropositifs …
Les associations
· Maléo Social Marketing (MSM) : il s’agit d’un Groupement d’Initiative Commune agréé par le CNLS et formé de six permanents. Leur spécialité est la formation des membres de « comité sida » et des Pairs Educateurs en entreprises. Il organise aussi des journées dites d’ « imprégnation » pour les décideurs.
Déléguée
· RECAP+ : Créé en 2000, RECAP+ est un Réseau regroupant 46 associations de PvVIH réparties dans 32 localités dans les 10 provinces du Cameroun. Les actions du RECAP+ visent essentiellement à améliorer les conditions de vie des PvVIH.
Les entreprises membres de SIDA-ENTREPRISES présentes au Cameroun
ACCOR : Hôtel Ibis
Allianz Africa: Cameroun Assurances
Air Liquide : CAMOA
ASCOMA : ASCOMA Cameroun
BGI (Groupe CASTEL): SABC, SOCAVER
Bolloré : SDV, SAGA, CAMRAIL
CALYON : Crédit Agricole Cameroun
CFAO (Groupe PPR) : CAMI, SOCADA, LABOREX Cameroun, CFAO Technologies, ICRAFON
COLINA : La Citoyenne Assurance
Gras Savoye : Gras Savoye Cameroun
Société Générale : SGBC
SOMDIAA : SGMC
TOTAL : TOTAL Cameroun
Les documents disponibles
Rapport UNGASS
Dernière mise à jour : décembre 2008